• Conditions extrêmes pour la remorque Aevon

    Date: 2012.12.03 | Catégories: aevon, Solidream | Tags: ,,

    Brian, Morgan, Siphay et Etienne se lancent dans la traversée du désert australien, en vélo et remorque Aevon, dans des conditions extrêmes.


    Notre itinéraire dans l'OutbackNotre itinéraire dans l’Outback

    Les derniers préparatifs

    A Adélaïde nous passons quelques jours à remettre nos vélos en état pour le prochain challenge où, chaque problème technique peut potentiellement nous mettre dans une position délicate, voire dangereuse.

    Le 9 novembre nous quittons la ville et partons en direction de l’Outback.

    Notre stratégie pour réussir

    Après une journée de 200km, nous arrivons à Roxby Downs qui marque nos derniers kilomètres sur l’asphalte avant un moment. Nous mettons au point notre stratégie pour réussir notre étape dans le sable, les cailloux, la terre et sous une chaleur peu ordinaire.

    Le prochain point où nous pouvons nous ravitailler en eau est à 200km de là. C’est globalement la distance qu’il y a entre chaque point d’eau sur les 700 km de piste. Avec 10 litres d’eau par personne et notre dîner de pâtes déjà cuisiné pour économiser de l’eau et du temps, nous choisissons de partir en fin d’après midi, de rouler jusque tard dans la nuit, dormir 4 ou 5 heures et repartir tôt le matin.

    Quand l’eau vaut de l’or

    Nous arrivons à William Creek tard le soir et cherchons une source d’eau. Mais nous comprenons rapidement que tous les robinets desservent une eau salée et non potable. Heureusement, il nous reste suffisamment d’eau pour la nuit et nous partons nous coucher épuisés.

    Vers 9h du matin, nous allons discuter avec le propriétaire du seul bar/restaurant/hôtel de cette petite communauté de 6 habitants. Il est sympathique mais se montre mal à l’aise dès lors que nous lui demandons où est-ce que nous pouvons remplir nos gourdes. Il nous affirme que la seule manière pour nous d’obtenir de l’eau potable est de lui acheter ses bouteilles d’eau minérale à $5/1,25L !!!! Il nous faudrait dépenser $170 pour faire la prochaine étape de 200km ! Vers 13h, une rare aubaine : un mini bus de touristes arrive et Mark, le chauffeur, nous offre environ 5L d’eau potable.

    La persévérance finit toujours par payer

    Puis, vers 16h, une femme vient nous voir et nous explique qu’elle est la propriétaire de toutes les terres qui nous entourent, Anna’s Creek, soit la plus grande exploitation de bétail du monde (c’est plus grand que l’état du Texas !), établie en 1863. Elle nous montre un vieux moulin en ruines à 3km de là et nous dit qu’il y a une réserve d’eau non loin. L’eau y est terreuse mais potable, affirme-t-elle. Nous nous réjouissons de la nouvelle, la remercions et partons rapidement remplir nos dizaines de gourdes.

    Sortie anticipée de l’Oodnadatta Track

    Exténués sur la pisteExténués sur la piste

    Si nous continuons sur le track, nous aurons le même problème à Oodnadatta, le mini village suivant. Donc nous décidons de prendre un autre chemin, vers Coober Pedy, pour retourner sur la route principale vers le nord. La ville se situe à 170km de piste plus loin à l’Ouest.

    Nous voici donc sur la dernière portion de piste et le spectacle est saisissant : lorsque nous arrivons au niveau des nuages sombres, la lumière du coucher de soleil est surnaturelle et un troupeau de la station (c’est comme ça qu’on appelle ces grandes fermes en Australie) d’Anna’s Creek galope à nos côtés.

    Fin de l’enfer

    Levés à 4h30 au milieu de l’Outback, nous luttons dans la dernière portion de piste toujours sablonneuse et bien difficile. Au petit matin, quelques serpents qui viennent se réchauffer sur la route croisent notre chemin. Nous arrivons à Coober Pedy, vers midi, exténués après 100km et nous réjouissons de retrouver le bitume de la Stuart Highway. Morgan s’écroule pour une sieste et Brian lui emboîte le pas aussitôt.

    Morgan se souvient : « Le soir je suis tellement épuisé que je m’endors sans prendre la peine de préparer mon duvet. Mon sommeil est tellement profond que les basses températures ne me réveillent pas. Ainsi j’ai attrapé froid dans un milieu aussi chaud ! Je pars donc pour cette dernière journée de piste avec de la fièvre, des courbatures et un mal de gorge que je n’avais pas connu depuis plusieurs années. Je fais cette dernière étape de 100km réglé comme un robot. Tant que je suis sur le vélo, j’avance. Je pense aux choses et aux gens que j’aime. Lorsque cette technique ne fonctionne plus j’essaie de penser à rien, de fixer un point sans penser. Mais dès que nous nous arrêtons je m’écroule. Je me reconnecte à la réalité et mon état physique reprend le dessus sur mon mental.»

    Un peu plus tard, alors que la grosse chaleur est partie, nous repartons pour 80km supplémentaire en finissant de nuit, puis posons nos tentes sur une aire de repos. Le gros rythme a repris, nous avons fait 1190km en une semaine depuis Adélaïde, dont 440km de piste très difficile au lieu des 700km prévus. Mais nous sommes plutôt satisfaits du chemin accompli et de l’expérience Outback que l’Oodnadatta Track nous a offert. Nous avons eu ce que nous sommes venus chercher.

    Source : site de Solidream